Maladie de Lyme : "le plan national est un premier pas timide"


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Maladie de Lyme : "le plan national est un
premier pas timide"
par Bruno Martrette
ENTRETIEN - Un plan d’action national contre la
maladie de Lyme sera présenté aux associations en
septembre. Proche des malades, le Pr Chrisitan Perronne
évoque "un premier pas timide".

 La maladie de Lyme est une infection due à une bactérie transportée
par une tique qui peut la transmettre au moment d’une morsure. On
estime qu’environ 27 000 personnes sont touchées tous les ans en
France. Malgré ce chiffre, les associations de malades se battent
depuis des années pour que cette pathologie soit mieux reconnue et
prise en charge par l'Etat. Un patient (Matthias Lacoste) a même
récemment entamé une grève de la faim pour interpeller les pouvoirs
publics. Des actions qui payent.

Les représentants hexagonaux du Lyme ont été accueillis au ministère
de la Santé le 29 juin pour participer à une réunion avec des
responsables politiques. Dans la foulée, le ministère de la Santé a
réaffirmé son engagement pour une pleine reconnaissance de la
pathologie et la mise en œuvre d’actions renforcées en faveur de la
prévention, du dépistage et de la prise en charge des malades. Le plan
sera présenté aux associations en septembre 2016.
Au côté des malades depuis des années, le Pr Christian Perronne
attendait ce moment avec impatience. Contacté
par Pourquoidocteur, le chef du service d'infectiologie de l'Hôpital
Poincaré à Garches (92) n'est pas pleinement satisfait.


Ça fait longtemps que vous attendiez ce plan ? 
Pr Christian Perronne : Il était temps ! Mais comme je suis
optimiste, je dirai que c'est un point positif. Plus exactement, je pense
qu'il s'agit d'un premier pas timide. Nous nous dirigeons cependant de
plus en plus vers la reconnaissance officielle de la maladie de Lyme
chronique. Auparavant, nos entrevues avec le ministère de la Santé
aboutissaient toujours sur un déni complet de la pathologie.

Vous espérez quoi de ce plan qui sera dévoilé en septembre ?
Pr Christian Perronne : Apparemment, il va y avoir l'annonce
d'actions concrètes en septembre prochain. En tout cas, pour revoir les
recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur
le traitement des formes avancées de la maladie. A ce sujet, je lance
un appel. Il sera inconcevable que les associations de patients ne
soient pas associées à cette démarche. Notamment la Fédération
Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques (FFMVT).



Quelle est la priorité dans la maladie de Lyme ? 
Pr Christian Perronne : La priorité numéro un est d'avoir demain des
tests de diagnostics fiables. Après, on pourra faire des études. On met
encore souvent sur le dos de la maladie de Lyme beaucoup
d'infections différentes qui ne sont pas diagnostiquées. Ça ne peut plus
durer. Pire, je lis régulièrement des erreurs scientifiques sur ces
dispostifs. Des plaquettes officielles du gouvernement prétendent par
exemple que le test actuel dépiste 100 % des maladies de Lyme dans
leur forme articulaire. Or, c'est totalement faux. Et c'est juste un
exemple, il y en a d'autres. La communication autour de la maladie
aussi est à revoir.