P.-O.: treize ans de souffrance pour une malade en errance

treize ans de souffrance pour une malade en errance
MORSURE DE TIQUE. Véronique est atteinte de la borréliose de Lyme.
Clouée du lit au canapé où, éreintée, elle coule depuis treize années des journées de calvaire, Véronique Codognet a la phobie des tiques. "J’ai frémi quand j’ai lu que ces acariens proliféraient aujourd’hui dans le département", angoisse la mère de famille d’Argelès-sur-Mer, atteinte de la maladie de Lyme. Elle se propose d’ailleurs aussitôt de livrer son témoignage. Le douloureux récit d’un parcours chaotique, un dossier médical jonché d’incertitudes et de rejets.
"C’est une pathologie complexe et méconnue en France. Le pire, c’est que les médecins ne veulent pas l’admettre et renvoient systématiquement les patients vers les psychiatres", dénonce-t-elle, à bout de force.
La bactérie réveillée par une anesthésie
Sa vie bascule en 2004, à la suite d’une anesthésie générale. "J’ai sûrement dû être mordue sans m’en apercevoir et mon système immunitaire avait réussi à combattre la bactérie jusque-là", suppose-t-elle, alors prise de douleurs "atroces" et d’une immense fatigue. "À ne plus pouvoir tenir debout".
Le premier diagnostic tombe. Véronique souffre de complications post-opératoires. Un traitement lui est prescrit, mais les élancements progressent en intensité et surtout ils se généralisent. "Ça a duré 5 ans, c’était insoutenable", confie Véronique ensuite hospitalisée à Montpellier où, au vu des nombreux examens, un spécialiste décèle une fibromyalgie "atypique". Des antalgiques classiques aux patchs de morphine, les soins restent sans effet.
"Le seul répit que j’avais, c’était durant un séjour annuel en centre de rééducation", poursuit Véronique qui retourne au CHU montpelliérain. Le diagnostic change. Le corps médical détecte, cette fois, une polyarthrite rhumatoïde. Elle entame un nouveau protocole, en vain.
«Infectée depuis trop longtemps»
"Je voyais bien que les docteurs tâtonnaient, mais je leur faisais confiance, je pensais qu’ils finiraient par pouvoir me soulager". Véronique continue ainsi de marcher dans les couloirs de l’errance, tandis que son état s’aggrave. Et son moral décline. "Les professionnels étaient démunis. Ils me disaient que je m’écoutais trop, que mon mal était psychologique, jusqu’à m’envoyer en visite chez un psychiatre !", s’insurge-t-elle.
De nouveaux symptômes apparaissent. Admise en médecine générale à l’hôpital Purpan de Toulouse, elle est soumise au test Elisa, utilisé pour dépister la maladie de Lyme. Il est positif. Véronique obtient enfin un nom à poser sur son malheur chronique. "Tous les signes cliniques correspondaient, sachant que cette pathologie est perverse car elle comporte 800 symptômes possibles et imite 300 maladies différentes".
En guise de confirmation, une recherche par immuno-empreinte est ordonnée. Coup dur, elle revient négative. "C’est parce que j’étais contaminée depuis trop longtemps", croit Véronique qui se documente sur cette maladie émergente, s’inscrit sur tous les forums dédiés et échange avec d’autres patients désespérés. "Les malades de Lyme ne sont pas reconnus, pas pris en charge, on ne peut plus travailler, on tombe dans la précarité", accuse l’ancienne secrétaire de mairie, sans jamais perdre espoir.
Aujourd’hui suivie par un médecin de la Drôme, elle vient de débuter un nouveau traitement à base d’antibiotiques, de probiotiques et de teinture mère. "Je n’attends pas une guérison qui serait miraculeuse. Mais si déjà mon système immunitaire pouvait remonter pour combattre toutes les co-infections, ce serait grandiose", imagine cette maman de quatre enfants que la petite dernière a toujours connue souffrante.



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